Habité dès le XVIIIe siècle avant J.-C., le site d'Éleusis fut un lieu saint entre 1400 et 1100. On a vu dans ses mystères une importation égyptienne (Foucart), crétoise (Lagrange, Persson, Picard), thessalienne (Kern), thrace (Mylonas) ; ils sont dévolus, à l'époque historique, à deux familles désignées par leurs fonctions religieuses, les Eumolpides et les Kérykes, parmi lesquels aucun nom individuel n'émerge au cours d'un millénaire d'histoire, comme s'ils avaient été de simples maîtres des cérémonies. Athènes soumit Éleusis, n'y interdit pas la célébration des mystères et les développa en leur associant ses rites propres. Une salle des initiations (téléstèrion), construite peut-être sous l'archontat de Solon (fin du VIe siècle), agrandie par les Pisistratides, fut incendiée en 480 par les Perses, reconstruite à l'époque de Cimon († 450), puis sous Périclès († 429) et ornée plus tard d'un portique. Des fouilles systématiques furent entreprises par F. Lenormand, puis, à partir de 1882, par la Société archéologique d'Athènes (Noack, Kourouniotis, Mylonas, Travlos), révélant une salle de cinquante-quatre mètres sur cinquante-deux, à moitié taillée dans le roc, sans crypte, comprenant six rangées de sept colonnes pour soutenir le plafond et, sur les côtés, huit rangées de gradins interrompues par six portes ; trois mille personnes pouvaient y trouver place. À peu près au centre était l'anaktoron, chapelle de douze mètres sur trois autour de laquelle on avait agrandi la construction, doublant ainsi la surface occupée par la chapelle initiale.

M.D.