La Foi a la Divination n' était point le produit des légendes mythologiques, instable et caduc comme elles ; elle avait, au contraire, présidé a leur enfantement, et il lui suffit longtemps, pour les maintenir en crédit, de confondre sa cause avec la leur. Elle faisait partie intégrante de la religion, mais sans étre liée a aucune Tradition particuliére. Elle était inhérente au sentiment religieux lui meme et non point a la forme changeante de ses manifestations. On peut meme dire que sa Puissance s' accrut a mesure que le Polythéisme épuisé eut plus besoin de son appui, et qu' elle pénétra chaque jour plus avant dans la conscience individuelle. Les Devins de l' age héroique provoquaient déja les résolutions des héros et guidaient le mouvement des armées : plus tard, la Gréce vit encore avec orgueil les princes étrangers eux memes, les mains chargées de riches présents, grossir la clientéle de ses Oracles ; et, quand les bouleversements politiques, les déplacements d' influence, l' effet inévitable du temps, eurent mis un terme a ce concours, la Foi a la Divination, pour étre moins pompeusement affirmée, n' en fut pas moins ferme et moins Universelle.

B.L.